Sunday, February 24, 2008

Contradictions et incohérences bien italiennes...

Ce weekend, rien de spécial à signaler. Hier soir souper à la maison avec les amis du boulot précédent. Isa, Fabio, Corrado, Paoli et aussi un Davide en grande forme sont venus passer la soirée chez nous pour déguster des carbonades à la flamande, et ils ont apprécié. C'était vraiment une soirée sympa.

Pour ma part, je suis patraque : mal de gorge, nez bouché, pas en forme. C'est sans doute lié au fait que, depuis mardi, mon rythme de vie a sensiblement changé : j'ai trouvé du travail (jusque fin avril au moins)! Lever à 6h45 tous les matins, ouhhh c'est dur. Je travaille comme éducatrice dans un centre pour jeunes moins-valides à Lecco, 35h/semaine, du lundi au vendredi. C'est vraiment un boulot à part, mal payé, fatiguant, demandant une énergie folle et une patience de saint, mais avec aussi des aspects positifs évidemment. Je ne sais pas comment je vais faire pour tenir le coup, mais on verra. Je vous décrirai plus longuement ce que je fais une prochaine fois!

Pour maintenant, je voulais poster deux trois choses à propos de ce que moi je vis comme des "incohérences" ou des "contradictions" ici au pays des ritals... ou simplement des choses qui me choquent au quotidien.

-
les Minis.
J'entends par là les voitures Mini Cooper (BMW), le "remake" moderne de l'ancienne Mini, un peu dans l'idée de la Coccinelle version bug-VW. Prix de base : environ 20.000€. On les voit absolument partout dans ce coin, et les gens qui les conduisent croient que la route leur appartient.
Alors, il faut savoir que si la région de Lombardie est l'une des plus riches d'Italie, cela ne veut pas dire que les gens sont riches aussi. Comme partout en Italie, le salaire moyen est bas, et de là ma question :
mais comment font-ils pour avoir une Mini?? Ayant posé la question à Ste, lui me dit que la Mini est "la" chose à avoir, le status symbol des gens du coin (assez superficiels, j'en conviens). Alors riches ou pas riches, le plus souvent pas riches d'ailleurs, ils vident leur compte en banque pour s'acheter la Mini, ou ils l'achètent à crédit. Tout ça pour paraître...
Et c'est pareil pour les manteaux de fourrure, les sacs de marque, les chaussures ou vêtements de marque, les téléphones dernier cri, les TV à écran plasma géant. C'est une chose que je n'aime pas à Lecco : l'étalage des soi-disant richesses à la vue de tous, alors qu'en réalité ils se saignent pour ça et ne peuvent se le permettre!

- les trains. Ou, en général,
les transports publics.
J'ai eu l'occasion de faire un "reportage" pour Legambiente il y a quelque temps. J'ai pris le train et interviewé un gentil monsieur qui prend le train pour aller à Milan tous les jours depuis près de 30 ans. Il m'en a raconté des belles, je vous jure.
Les trains en Italie, c'est un poème. Vieux (voire très vieux -- certains datent d'avant les années 70), sales (voire très sales -- sans doute jamais nettoyés), en mauvais état, sans chauffage ou airco (très froid en hiver, très chaud en été), avec les fenêtres bloquées, trop petits et trop peu nombreux pour la horde de personnes qui les prennent chaque jour. Virtuellement
jamais à temps, sans explications. Lents. Très mal renseignés, pas d'indications, encore moins dans d'autres langues que l'italien. Pas d'accès aux personnes moins-valides, ni dans les gares ni dans les trains. Gares vieilles, sales, en mauvais état, à l'accès difficile, sans parking. Et j'en passe.
Mais le hic est là : on "encourage" les gens à prendre le train, ou plutôt
tout décourage les gens à prendre la voiture. Parkings très chers et trop peu nombreux, instauration de l'Eco-pass (taxe à payer dans Milan pour voitures qui polluent plus qu'une certaine quantité), péages, prix de l'essence dépassant tous les seuils. Trafic monstre.
Don't get me wrong, je suis moi aussi écologiste et j'encourage l'usage des transports publics, mais il faut rester cohérent! Les autorités (locales, régionales, nationales) ne font rien pour améliorer la qualité des transports. Mieux, on supprime des bus chaque année, et les métros à Milan se font de moins en moins nombreux. Où est la logique??

-
l'administration -- j'ose aborder la question, oui oui oui, même si je me limiterai à cette anecdote-ci (sinon j'en ai pour trois pages). Quand tu trouves un travail, tu dois fournir une adresse en Italie. Pour avoir une adresse en Italie, tu dois avoir un travail (ou un revenu annuel garanti de + de 5000€, mais bien sûûûr, sans travail je fais comment?). Incohérent? Je ne vous le fais pas dire.
Et je ne suis pas au bout de mes peines, ça ne fait que commencer...

- Le pistonnage au boulot
Si ton père/oncle/mari/... n'est pas un vieux pote/compagnon de golf/ex-collègue/... du chef de la boîte où tu postules, peu de chances d'être engagé(e). Même si tu as un diplôme adéquat, un CV super fourni, de l'expérience relevante, et j'en passe. Ce sont des choses qui, ici, ne sont pas prises en considération apparemment. Je pense que, d'une façon ou d'une autre, c'est encore et toujours lié à la seule et unique valeur des Italiens : la Famiglia. J'expliquerai ce concept une prochaine fois, parce que ça devient long!


...Heureusement qu'il y a ici aussi d'autres choses, plus attirantes!

à très bientôt, baci!

1 comment:

caratteraccio said...

Another example: do we want to talk about that association in Milan that gives you a job and then doesn't even remember that you're moving from Belgium, at the point that the they weren't even waiting for you when you went to their office the first day?
Or do we want to talk about next elections and the campaings of "certain" politicians?
GRRRRWLRL