Thursday, May 22, 2008

L'incompétence

L'incompétence.
Vous connaissez? Lynda Lemay l'illustre très bien dans une de ses chansons de 1998 :

Le gars du magasin Au rayon des matelas Il dit que c'est trop loin Ils livrent pas jusque-là T'es là qu'tu lui expliques - Qu'c'est à peine un détour - Y'est là qu'il te réplique Qu'y peut pas changer les règles Et qu'y font pas la livraison Que c'est pas sur le trajet De ses petits camions Alors il t'remet le chèque Que tu viens juste de faire
En te disant "j'vous remets l'chèque Que vous venez juste de faire" Alors quoi tu exploses Tu veux lui arracher la tête Tu reprends tes deux mille douilles Qui valaient pas deux kilomètres Et puis tu t'grouilles et puis tu sors
Car avoir fait ce que tu penses On l'aurait r'trouvé mort Gisant dans son incompétence !
...
Le bonhomme du garage Il a changé d'avis Paraît que les dommages Ils sont pas garantis T'es là que tu t'étonnes Que tu sors ton papier Il est là qu'il marmonne Qu'y peut pas changer les pi
èces Parce que ces pièces-là, y'en a plus A moins d'en faire venir de Grèce Ou du Caire ou d'Honolulu Alors y t'propose de t'vendre
Son kit de silencieux En te disant "Ga, laisse-moi-lé jusqu'à demain M'a te l'arranger Y va être comme neu :" Alors toi l'capot t'saute Et là tu t'accotes sur le mur Tu lui dis :"Veux-tu j'vas te L'arranger moi, ta facture !" Et puis finalement t'en peux plus De jamais faire ce que tu penses Et tu le laisses tout nu Gisant dans son bidon d'essence !


On l'a tous vécu au moins une fois, des gens incompétents, non?
Eh bien je maintiens qu'en Italie, il y en a plus qu'ailleurs. Je v
ous jure.
Un exemple typique et qui me rend folle : la banque, et tout ce qui a un rapport avec la banque. Première place sur l'échelle de l'incompétence : la secrétaire de mon boulot, qui s'occupe des paiements.
Récemment, elle m'appelle en disant qu'elle m'a fait un chèque plutôt qu'un virement, parce que le virement elle ne peut pas le faire... Je trouve cela bizarre, donc la fois d'après que je le vois, je lui pose la question. Sa version : elle
ne peut absolument pas me payer par virement pcqu'il lui manque "des codes", et mon code iban ne lui suffit pas. Patiente, je lui explique que, par définition, l'iban suffit pour les virements, les internationaux comme les autres, et que depuis le 1er janvier de toute façon l'iban seul est nécessaire. Mais, tenace, elle maintient qu'il lui faut les codes abi, cab et cin (codes de comptes italiens). Sur ce, je lui dis "ok je vais contacter ma banque" (mais je sais que j'ai raison, je vais donc le lui prouver). Ma banque me dit exactement ce que je sais, et en plus que les dits codes abi et consorts n'existent pas en Belgique, et que seul l'iban suffit, et que depuis le 1erjanvier, etc……… ce que je sais, quoi. Ok.
Le lendemain, je la rappelle, j'explique mon bazar, je lui dis que
l'iban suffit et que les codes abi bazar de toute façon nous on les a pas – et comme mon compte est belge, je peux pas les lui donner, parce que je les ai pas d'abord, en B ça n'existe pas c'est un truc italo-italien.

--> Petit extrait du dialogue téléphonique très constructif avec la secrétaire, pour illustrer le niveau de collaboration et de bonne volonté face auquel je me suis trouvée (et dire que c'est elle qui gère nos dossiers?!) :

Elle: …oui mais moi je fais les virements online et ils me demandent ces codes
Moi : ok, j'entends bien (c'est déjà la 3è fois que tu me le dis en 4 minutes), mais les codes, je ne px pas vous les donner vu que je ne les ai pas !
Elle : oui mais ils les demandent !
Moi : d'accord, mais vous avez déjà essayé de cliquer sur «
virement international » ? là ils ne les demandent pas (je sais pcq j'ai essayé moi-mm et c'est très simple). Ou sur le « help » du programme ? C'est très bien expliqué.
Elle : oui mais noooon, il me demandent les codes, il faut que vous me disiez comment votre iban se divise en ces codes ou comment on peut en extraire les codes abi et cin et cab parce qu'on me les demande ! Sinon je peux pas vous faire le virement !
Moi (je commence à perdre patience, vraiment) : MAIS MON COMPTE N'A PAS CES CODES. Je ne peux pas vous les donner, je les ai pas ! Comme
nt est-ce possible que par exemple Adecco, qui fait aussi ses paiements online, sache me le faire sans problème, et pas vous ?
Elle: ah ben je sais pas, moi ils me demandent les codes…
Moi : (je vais la tirer par le téléphone, god help me) ok, mais dans votre programme, il y a une icône « virements internationaux » ou pas ?
Elle: je sais pas, mais c'est trop difficile,…je devrais me renseigner mais c'est compliqué, vous comprenez… de toute façon ils me demandent les codes, sans ça…
Moi : MAIS NON, pour l'international ils ne demandent QUE l'iban, pas de codes, aucun code, plus simple que ça tu meurs, et en plus c'est gratuit!!!
Elle : oui mais vous me disiez pas que vous aviez ouvert un compte italien ? franchement, ce serait plus facile hein...

Zen... zen... respire... à ce point là je lui ai dit de laisser tomber, et de se renseigner pour les virements internationaux, qu'un virement c'est un virement, en Italie ou en Belgique (voire même à Houtsiplou). Elle a dit qu'on se recontacterait (genre « va te faire foutre c'est trop compliqué de me renseigner j'attendrai que tu aies un compte italien et que tu me donnes tes codes»). Je ne lui ai pas dit ce que je pensais...
Mais je devr
ais peut-être aller la délivrer de son ignorance en allant lui montrer moi-même comment faire un virement depuis son ordi? C'est pas croyable.

Mais donc, mon compte italien, oui j'ai essayé de l'ouvrir, sauf que ce n'est pas si simple (on pouvait s'y attendre) :
Il y a deux semaines, j'ai ouvert un compte online (enfin j'ai cru ouvrir), et après quelques jours je reçois un mail disant qu'ils ne peuvent pas l'activer, pcq je n'ai pas de carte d'identité italienne. (ben non les amis je ne suis pas italienne, jusqu'à nouvel ordre je ne compte pas le devenir, et alors, j'habite ici, ça ne vous suffit pas?) (apparemment non). Puis on me met aussi qu'il me faut d'abord un autre compte en Italie avt de pouvoir ouvrir ce compte là. Je relis les conditions, ce n'est écrit nulle part, je précise. Enfin, le virement qu'il fallait pour l'activer, comme il n'est pas venu d'un compte à mon nom (pcq je ne pouvais pas le faire depuis un compte à l'étranger), ils ne peuvent pas l'accepter (ça non plus ce n'est pas stipulé). D'accord. Alors j'ai pris mon téléphone, et demandé si ce ne serait pas un peu discriminatoire leur système, non ?
Enfin, to make a long story short, je les ai envoyé sur les roses, et a
i décidé d'aller ouvrir mon compte à la banque, en personne. You-pie.
Dernier épisode : à la banque. (notons au passage que ma banque italienne est la même que celle que j'ai en Belgique, me disant que ce serait moins compliqué...)
Je vais faire bref parce que c'est déjà très long... en gros, après une heure chez le gars,
toujours pas de compte. En résumé, il s'est avéré que la banque n'a pas accepté mon code fiscal (=un numéro genre n° national qui te sert pour tout ici). Et que ça arrive encore avec les étrangers, parce que souvent le code fiscal est donné "au hasard" au lieu de suivre une procédure bien spécifique. Et qu'alors quand tu veux t'ouvrir un compte, ça ne fonctionne pas. Ben tiens.

Heureusement, le gars a eu pitié de moi, il a pu comprendre mon désespoir face à tout ce chaos (il a une copine espagnole qui a des tas de problèmes ici elle aussi), et il m'a arrangé la chose. Le soir même, mon compte était activé. Merci Leo :-)

La conclusion? Stefano l'a définie de façon très juste :
"l'Italie est une enclave médiévale dans une Europe moderne".

Et au chat de conclure en vous montrant ce que j'ai parfois envie de faire aux gens qui font preuve de tant de mauvaise volonté :(photo copyright Stefano)

(vous voyez ce qu'il fait?? même l'expression faciale y est... trop comique!)

1 comment:

Anonymous said...

Trop fort ^^ la photo de Gin est trop bien :-) vivement ton retour, je serai content de te revoir!

Bisous et courage... l'italie est ce qu'elle est... on est de tout coeur avec toi!

Me